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Douleur interne du genou : reconnaître la tendinite de la patte d’oie et éviter la récidive

Genou et hanche Par Thibaut Gervais Mis à jour le 6 septembre 2026 6 min de lecture
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Une douleur sur la face interne du genou, surtout dans les escaliers ou à la course, fait souvent penser au ménisque. Pourtant, elle peut venir d’une irritation des tendons de la patte d’oie. Comprendre son origine aide à éviter deux erreurs fréquentes, forcer trop tôt ou immobiliser complètement le genou alors qu’une reprise bien dosée est souvent la meilleure option.

Reconnaître la patte d’oie et la zone douloureuse

La patte d’oie correspond à l’insertion commune de 3 muscles sur la partie interne du haut du tibia : le sartorius, le gracile et le semi-tendineux. Ces tendons participent à la flexion du genou, à sa stabilité et au contrôle des rotations de la jambe. Quand ils sont soumis à des contraintes répétées, on parle souvent de tendinite, même si le terme tendinopathie est parfois plus juste lorsque la douleur dure dans le temps.

Tendinite de la patte d'oie : schéma du genou et zone douloureuse sur la face interne
Tendinite de la patte d’oie : schéma du genou et zone douloureuse sur la face interne

Où se situe la douleur exactement ?

La douleur est généralement ressentie 2 à 3 doigts sous l’interligne articulaire, sur la face interne du genou, parfois autour de 2 à 3 cm sous le pli du genou ou jusqu’à 3 à 4 cm sous l’articulation selon la morphologie. La palpation de cette zone peut réveiller une douleur nette, différente d’une gêne diffuse dans tout le genou.

Tendinite, tendinopathie ou bursite : ne pas tout confondre

La tendinite évoque une irritation inflammatoire des tendons. La tendinopathie décrit plus largement une souffrance du tendon liée à la surcharge. Une bursite ansérine, elle, touche la petite bourse située près de ces tendons ; elle peut coexister avec la tendinite et accentuer le gonflement local. Cette distinction compte, car une bursite très sensible au toucher ne se gère pas toujours comme une simple irritation tendineuse.

Les origines les plus fréquentes : surcharge, axe de jambe et reprise trop rapide

La cause la plus courante reste la surcharge mécanique : trop de répétitions, trop d’intensité, trop vite. Course à pied, randonnée, sports avec changements de direction, squats mal tolérés ou escaliers répétés peuvent irriter l’insertion tendineuse, surtout après une période d’arrêt. C’est souvent le cumul qui pose problème, plus qu’un geste isolé.

Les facteurs biomécaniques qui entretiennent la douleur

Certains profils sollicitent davantage la face interne du genou : genu valgum, pieds pronateurs, pieds plats, faiblesse du moyen fessier, raideur des ischio-jambiers ou manque de contrôle de la hanche. Quand le genou “rentre” vers l’intérieur à chaque appui, les tendons de la patte d’oie servent de frein. À force, ce frein devient douloureux.

On peut comparer le genou à un soufflet : s’il s’ouvre et se referme dans l’axe, le mouvement reste fluide ; s’il se tord légèrement à chaque cycle, les plis internes encaissent la contrainte. Pour la patte d’oie, ce détail compte : le problème ne se limite pas au tendon douloureux. La hanche, le tibia, le pied et le bassin transmettent aussi les forces. Corriger l’appui ou renforcer les fessiers peut donc soulager une douleur située plus bas, ce qui surprend souvent les patients.

Les erreurs d’entraînement classiques

Une augmentation de volume supérieure à ce que le genou tolère, des descentes répétées, un retour à la course sans progressivité ou des chaussures usées peuvent déclencher les symptômes. La reprise après blessure est aussi une période sensible : le cardio revient parfois plus vite que la capacité des tendons à absorber les contraintes. Le genou, lui, n’oublie pas cette différence de rythme.

Symptômes, diagnostic et signes qui doivent faire consulter

La tendinite de la patte d’oie provoque souvent une douleur localisée à la marche rapide, à la course, à la montée ou à la descente des escaliers, au lever d’une chaise ou lors des changements de direction. Une raideur matinale peut exister, ainsi qu’un gonflement discret sur la face interne du genou. La douleur est souvent reproductible à la pression, ce qui aide à l’identifier.

Ce qui peut ressembler à autre chose

Le diagnostic différentiel compte beaucoup. Une douleur plus haute, dans l’interligne articulaire, peut évoquer un ménisque interne. Une douleur plus diffuse, avec raideur globale et gêne prolongée, peut orienter vers une arthrose médiale. Une douleur brutale après torsion, un blocage, une instabilité ou un gonflement important doivent faire consulter rapidement.

Situation Indice fréquent À vérifier
Patte d’oie Douleur sous l’articulation, face interne Palpation localisée, escaliers, course
Bursite ansérine Zone très sensible, parfois gonflée Inflammation de la bourse associée
Ménisque interne Douleur dans l’interligne, torsion douloureuse Blocage, craquement, épisode traumatique
Arthrose médiale Raideur et douleur plus globales Âge, antécédents, radiographie si besoin

Quels examens sont utiles ?

Le diagnostic est souvent clinique : localisation, palpation, tests fonctionnels et analyse des appuis suffisent dans de nombreux cas. L’échographie peut visualiser une inflammation tendineuse ou une bursite. La radiographie sert surtout à écarter une arthrose. L’IRM est plutôt réservée aux douleurs persistantes, aux doutes diagnostiques ou à la recherche d’une lésion associée.

Traitement : calmer la douleur sans mettre le genou à l’arrêt total

Le traitement est le plus souvent conservateur. L’objectif n’est pas de ne plus bouger, mais de réduire temporairement ce qui déclenche la douleur. On parle de repos relatif : limiter la course, les descentes, les changements de direction et les charges douloureuses, tout en gardant des activités tolérées comme la marche courte ou le vélo doux si elles ne réveillent pas les symptômes.

Phase douloureuse : froid, adaptation et avis médical si besoin

La glace peut être appliquée 10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour, surtout après une activité irritante. Les anti-inflammatoires peuvent être proposés par un professionnel de santé selon le profil du patient, les contre-indications et l’intensité de la douleur. En cas de douleur importante, persistante ou inhabituelle, un médecin du sport, un kinésithérapeute ou un orthopédiste peut réévaluer la situation.

Rééducation : traiter la cause, pas seulement la zone

La kinésithérapie travaille généralement la mobilité, les étirements doux, le renforcement excentrique, le contrôle de la hanche, les fessiers, les ischio-jambiers et la stabilité du membre inférieur. Le massage transversal profond, le taping, la physiothérapie ou les orthèses plantaires peuvent être discutés selon les cas, mais ils ne remplacent pas la gestion de la charge et la correction des facteurs mécaniques. C’est cette partie qui évite souvent que la douleur revienne au premier effort un peu trop ambitieux.

Guérison, reprise du sport et prévention des récidives

Une tendinite récente peut s’améliorer en quelques jours à quelques semaines. Beaucoup de douleurs évoluent favorablement en 2 à 6 semaines ou 4 à 8 semaines si la charge est bien ajustée. Les formes chroniques peuvent demander 2 à 3 mois, parfois 3 à 6 mois lorsque plusieurs facteurs biomécaniques entretiennent la douleur.

Les critères simples avant de reprendre

La reprise sportive doit se faire quand la marche, les escaliers et les exercices de base sont tolérés sans rebond douloureux le lendemain. On recommence par des séances courtes, sur terrain plat, avec une progression graduelle. Si la douleur dépasse clairement le seuil habituel ou revient plus forte dans les 24 heures, la charge était trop élevée.

  • Réduire temporairement les descentes, les fractionnés et les changements de direction.
  • Renforcer les fessiers et les ischio-jambiers 2 fois par semaine.
  • Faire des étirements doux de 20 à 30 secondes, sans douleur vive.
  • Vérifier les chaussures, les appuis et le besoin éventuel de semelles orthopédiques.
  • Consulter si la douleur persiste au-delà de 2 à 3 mois malgré une prise en charge sérieuse.

La prévention repose surtout sur la régularité : augmenter progressivement les contraintes, stabiliser le bassin, éviter les reprises brusques et écouter les signaux du genou. Une patte d’oie qui récidive n’est pas forcément grave, mais elle indique souvent qu’une cause mécanique n’a pas encore été corrigée.