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Arthrose du bassin : douleur d’aine, radio et traitements qui soulagent

Genou et hanche Par Thibaut Gervais Mis à jour le 6 septembre 2026 6 min de lecture
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L’arthrose du bassin désigne le plus souvent l’arthrose de la hanche, aussi appelée coxarthrose. Elle touche l’articulation située entre la tête du fémur et le bassin. Elle peut provoquer une douleur dans l’aine, une raideur au lever, une boiterie ou une gêne dans les escaliers. C’est une maladie chronique, mais un diagnostic précis et une prise en charge adaptée permettent souvent de conserver longtemps une bonne mobilité.

Comprendre ce qui s’abîme dans l’arthrose du bassin

La hanche est une articulation dite coxo-fémorale, où la tête du fémur s’emboîte dans une cavité du bassin appelée cotyle. Entre les deux, le cartilage articulaire joue un rôle d’amortisseur et de surface de glissement. Dans l’arthrose, ce cartilage se fragilise progressivement, se fissure puis s’amincit.

Arthrose du bassin : schéma de l’articulation de la hanche et de l’usure du cartilage
Arthrose du bassin : schéma de l’articulation de la hanche et de l’usure du cartilage

La maladie ne concerne pas seulement le cartilage. La membrane synoviale peut s’enflammer lors de poussées douloureuses, l’os sous-chondral situé sous le cartilage se modifie, et des excroissances osseuses appelées ostéophytes peuvent apparaître. À la radiographie, on recherche notamment un pincement de l’interligne articulaire, signe que l’espace entre les os diminue.

La coxarthrose est environ 3 fois moins fréquente que l’arthrose du genou. Elle augmente toutefois avec l’âge : l’arthrose concerne 3 % des moins de 45 ans, 65 % après 65 ans et 80 % au-delà de 80 ans, toutes localisations confondues. Pour la hanche, on estime qu’elle touche 10 % des personnes de 65 à 75 ans.

Les symptômes qui orientent vers une coxarthrose

Une douleur souvent située dans l’aine

Le signe le plus typique est une douleur au pli de l’aine, déclenchée ou aggravée par la marche, la station debout prolongée ou la montée des escaliers. Elle peut irradier vers l’avant de la cuisse, parfois jusqu’au genou, ce qui fait parfois croire à tort que le problème vient du genou lui-même.

Arthrose du bassin : comparaison des douleurs de hanche, bursite et lombalgie
Arthrose du bassin : comparaison des douleurs de hanche, bursite et lombalgie

La douleur peut être mécanique, donc calmée par le repos, mais des poussées inflammatoires peuvent aussi survenir. Une douleur nocturne, une aggravation rapide ou une impotence brutale doivent conduire à consulter sans attendre pour écarter une autre cause.

Raideur, boiterie et petits renoncements du quotidien

La raideur se remarque souvent dans les gestes simples : enfiler une chaussette, lacer une chaussure, sortir d’une voiture, pivoter dans un couloir étroit. Avec le temps, la personne peut réduire spontanément ses déplacements, éviter les escaliers ou adopter une boiterie pour limiter l’appui douloureux.

Des adaptations concrètes aident à réduire les à-coups mécaniques sur la hanche. Des chaussures stables, une canne tenue du côté opposé à la hanche douloureuse, un siège ni trop bas ni trop mou, ou des pauses régulières lors d’une marche longue ne réparent pas le cartilage, mais limitent les contraintes qui entretiennent la douleur.

Pourquoi l’arthrose de la hanche apparaît

On distingue généralement deux grandes situations. Dans environ deux tiers des arthroses de la hanche, la coxarthrose est dite primitive : aucune cause unique évidente n’est retrouvée. L’âge, les antécédents familiaux, le surpoids, la sédentarité, certaines contraintes professionnelles, le port répété de charges lourdes ou le sport intensif peuvent favoriser son apparition.

La coxarthrose est aussi décrite comme 2 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, notamment après la ménopause. Des facteurs métaboliques peuvent également intervenir, comme le syndrome métabolique, qui associe plusieurs anomalies dont des triglycérides à 1,5 g/L ou plus, un HDL inférieur à 0,4 g/L chez un homme ou 0,5 g/L chez une femme, selon les critères utilisés.

Dans environ un tiers des coxarthroses, l’arthrose est secondaire. Elle peut alors faire suite à une malformation de la hanche, une luxation, une fracture, une ostéonécrose, une maladie inflammatoire, une goutte ou une chondrocalcinose. Certaines inégalités d’appui, un genu varum ou un genu valgum peuvent aussi modifier la mécanique des membres inférieurs.

Dans certains cas professionnels, une reconnaissance peut être discutée si les conditions sont remplies, notamment en cas d’exposition prolongée à des contraintes importantes pendant plus de 10 ans et d’incapacité permanente d’au moins 25 %. Cette démarche nécessite un avis médical et administratif spécifique.

Diagnostic : l’examen clinique puis la radiographie

Le diagnostic commence par un interrogatoire précis : localisation de la douleur, ancienneté, gêne à la marche, limitation des rotations de hanche, retentissement sur le sommeil et les activités. Le médecin examine ensuite la mobilité de la hanche, la marche, la posture et recherche d’autres causes possibles, comme une lombalgie, une bursite ou une douleur projetée.

La radiographie du bassin et des hanches est l’examen de référence pour confirmer la coxarthrose. Elle peut montrer un pincement articulaire, des ostéophytes, une condensation de l’os sous-chondral ou des géodes. L’intensité de la douleur ne correspond pas toujours parfaitement aux images : certaines hanches très usées font relativement peu souffrir, tandis que des lésions plus modestes peuvent être très douloureuses lors d’une poussée.

L’IRM ou l’arthroscanner ne sont pas systématiques. Ils peuvent être utiles si le diagnostic est incertain, si l’on suspecte une autre lésion ou avant certains gestes spécialisés. L’objectif n’est pas de multiplier les examens, mais d’identifier le bon niveau de traitement.

Traitements et prévention : soulager sans immobiliser

Le traitement dépend du stade, de la douleur et du retentissement fonctionnel. Les antalgiques peuvent aider lors des périodes douloureuses. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être proposés sur de courtes durées lorsqu’ils sont adaptés au profil du patient. Ils doivent être discutés avec un professionnel de santé, surtout en cas d’antécédents digestifs, rénaux, cardiovasculaires ou de traitements associés.

La kinésithérapie occupe une place centrale. Elle vise à entretenir l’amplitude articulaire, renforcer les muscles fessiers et stabilisateurs, améliorer la marche et limiter les compensations. L’activité physique adaptée est recommandée, souvent 2 à 3 fois par semaine, en privilégiant des pratiques à impact modéré comme la marche dosée, le vélo, la natation ou les exercices en eau.

En cas de poussée, des infiltrations de corticoïdes peuvent être discutées. La visco-supplémentation est parfois proposée selon les situations, avec des résultats variables. Quand la douleur devient permanente, que la marche est très limitée et que les traitements conservateurs ne suffisent plus, la prothèse totale de hanche peut être envisagée. Elle vise à restaurer l’appui, réduire la douleur et améliorer l’autonomie.

Pour ralentir l’évolution, les leviers les plus utiles restent concrets : maintenir un poids compatible avec ses articulations, éviter les charges répétées inutiles, corriger les appuis si besoin, rester mobile sans forcer pendant les poussées et consulter lorsque la douleur modifie durablement la marche ou les activités quotidiennes.