Arthrose de la hanche : reconnaître la douleur à l’aine, la raideur et les traitements avant la prothèse
L’arthrose de la hanche, aussi appelée coxarthrose, est une usure progressive de l’articulation située entre le bassin et le fémur. Elle peut rester discrète longtemps, puis provoquer une douleur à la marche, une raideur au lever ou une gêne dans les escaliers. Comprendre ses signes, ses causes et les options de prise en charge aide souvent à agir plus tôt, avant que la mobilité ne soit trop limitée.
Ce qui se passe dans une hanche arthrosique
La hanche est une articulation portante. Elle supporte une grande partie du poids du corps et transmet les forces entre le tronc et les jambes. Dans l’arthrose de la hanche, le cartilage articulaire se fissure, s’amincit puis perd son rôle d’amortisseur. L’os sous-chondral, situé juste sous le cartilage, peut alors être davantage sollicité, tandis que la membrane synoviale peut devenir inflammatoire lors de poussées douloureuses.

Cette évolution est généralement chronique, avec des périodes calmes et des phases aiguës. Elle ne correspond pas à l’ostéoporose : l’arthrose touche surtout l’articulation et le cartilage, alors que l’ostéoporose fragilise l’os et augmente le risque de fracture. Les deux maladies peuvent coexister, mais elles n’ont ni le même mécanisme ni la même prise en charge.
La fréquence augmente avec l’âge : l’arthrose concerne 3 % de la population de moins de 45 ans, 65 % après 65 ans et 80 % au-delà de 80 ans. Pour la hanche en particulier, environ 10 % des personnes de 65 à 75 ans sont concernées. Elle peut toutefois apparaître plus tôt, notamment en cas d’anomalie anatomique, de traumatisme ou de contraintes mécaniques importantes.
Reconnaître les symptômes sans tout attribuer au vieillissement
Une douleur souvent située à l’aine
Le symptôme le plus typique est une douleur au pli de l’aine, augmentée par la marche, la station debout prolongée ou les escaliers. Elle peut descendre vers l’avant de la cuisse et parfois se manifester surtout au genou, ce qui retarde parfois le diagnostic. La douleur est souvent mécanique : elle apparaît à l’effort et se calme au repos, même si les poussées inflammatoires peuvent la rendre plus présente.
Raideur, boiterie et perte d’amplitude
La raideur matinale est fréquente, surtout au démarrage. Elle peut donner l’impression que la hanche “accroche” avant de se dérouiller. Avec le temps, certains gestes deviennent difficiles : enfiler ses chaussettes, entrer dans une voiture, croiser les jambes ou marcher longtemps. Une boiterie peut apparaître, liée à la douleur, à la perte de mobilité ou à une faiblesse musculaire autour du bassin.
La hanche joue aussi un rôle de relais entre le dos, le bassin, le genou et le pied. Quand elle bouge moins, le corps cherche des compensations : le bas du dos tourne davantage, le genou encaisse plus, la cheville modifie l’appui. C’est pourquoi une coxarthrose ne se résume pas à “une hanche qui fait mal”. Elle peut perturber toute la chaîne de marche. Observer l’usure des chaussures, la longueur des pas ou la façon de se lever d’une chaise donne parfois des indices utiles sur ces compensations.
Pourquoi la coxarthrose apparaît : primitive ou secondaire
On distingue deux grands profils. Les deux tiers des arthroses de la hanche sont primitives : aucune cause unique n’est identifiée, mais plusieurs facteurs se combinent, comme l’âge, la surcharge pondérale, la sédentarité, certains troubles métaboliques, les antécédents familiaux ou le sexe féminin. La coxarthrose est décrite comme 2 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme.
Un tiers des coxarthroses sont secondaires, c’est-à-dire liées à une cause plus précise. Il peut s’agir d’une luxation congénitale de hanche, d’une dysplasie, d’une inégalité de longueur des jambes, d’anomalies du col fémoral, d’une fracture ancienne ou d’une ostéonécrose. Certaines maladies inflammatoires ou métaboliques peuvent aussi favoriser l’atteinte articulaire, comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, la goutte ou la chondrocalcinose.
| Situation | Ce que cela implique |
|---|---|
| Arthrose primitive | Évolution souvent progressive, liée à plusieurs facteurs mécaniques, métaboliques et individuels. |
| Arthrose secondaire | Recherche d’une cause identifiable : malformation, traumatisme, maladie osseuse ou inflammatoire. |
| Douleur avant 45 ans | Un avis médical est important pour vérifier une cause anatomique ou post-traumatique. |
| Gêne après 60 ans | La coxarthrose devient plus fréquente, mais la douleur ne doit pas être banalisée. |
Le diagnostic repose surtout sur l’examen clinique et la radiographie
Le médecin commence par interroger le patient : localisation de la douleur, ancienneté, distance de marche, gêne dans les gestes quotidiens, antécédents de traumatisme ou de maladie articulaire. L’examen clinique évalue la marche, la mobilité de la hanche, les rotations, la force musculaire et les zones douloureuses.
La radiographie est l’examen de référence pour confirmer l’arthrose de la hanche. Elle peut montrer un pincement articulaire, des ostéophytes, une densification de l’os sous-chondral ou des déformations de l’articulation coxo-fémorale. L’IRM peut être utile dans certaines situations, notamment pour explorer le cartilage, les tissus mous ou une suspicion d’ostéonécrose. La scintigraphie osseuse reste réservée à des cas particuliers.
Il n’y a pas toujours de correspondance parfaite entre l’image et la douleur : une radiographie très marquée peut être peu douloureuse, et l’inverse existe aussi. C’est l’association entre les symptômes, l’examen et l’imagerie qui guide la prise en charge.
Traitements : soulager, bouger mieux, puis envisager la chirurgie si nécessaire
La prise en charge est graduée. En première intention, l’objectif est de diminuer la douleur et de préserver la fonction. Les antalgiques peuvent être proposés, ainsi que des anti-inflammatoires lors de poussées, selon le profil du patient et les contre-indications. Des injections de cortisone ou d’acide hyaluronique peuvent parfois être discutées, avec un bénéfice variable selon le stade de l’arthrose.
La rééducation occupe une place centrale. Elle vise à entretenir l’amplitude articulaire, renforcer les muscles fessiers et stabilisateurs, améliorer la marche et limiter les compensations. Une activité physique adaptée, douce et régulière, pratiquée 2 à 3 fois par semaine, aide souvent à conserver de la mobilité. Marche dosée, vélo, exercices dans l’eau et renforcement progressif sont généralement mieux tolérés que les sports à impacts répétés.
Les aides techniques ne sont pas un signe d’échec. Une canne tenue du côté opposé à la hanche douloureuse peut réduire la contrainte articulaire et sécuriser les déplacements. La perte de poids, lorsqu’elle est indiquée, diminue aussi la pression mécanique sur l’articulation.
Lorsque la douleur devient invalidante malgré les traitements conservateurs, ou lorsque la marche et la qualité de vie sont trop altérées, une chirurgie peut être envisagée. La prothèse totale de hanche remplace les surfaces articulaires abîmées. L’intervention dure environ une heure dans de nombreux parcours, avec un appui parfois possible le jour même ou le lendemain selon les cas. Le resurfaçage de hanche peut être discuté dans des situations spécifiques. La décision dépend toujours de l’âge, du niveau d’activité, de l’état de l’articulation et du retentissement quotidien.







