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Douleur au genou : 7 causes fréquentes, les repères la nuit et les signes d’alerte

Comprendre la douleur Par Thibaut Gervais Mis à jour le 7 septembre 2026 6 min de lecture
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Une douleur au genou peut apparaître après un effort, au repos, la nuit ou sans raison évidente. Elle peut toucher un seul genou ou les deux, gêner la marche, le sommeil, les escaliers ou la reprise du sport. Le plus utile est de repérer le contexte, douleur brutale ou progressive, genou gonflé ou non, sensation d’instabilité, raideur matinale, traumatisme récent.

Comprendre ce qui peut faire mal dans le genou

Le genou est une articulation complexe entre le fémur, le tibia et la rotule. Il porte une grande partie du poids du corps et doit plier, s’étendre, amortir les chocs et rester stable. C’est pourquoi une douleur au genou, aussi appelée gonalgie, peut venir de structures différentes.

Schéma du genou pour comprendre une douleur genou, avec ménisques, ligaments, cartilage et synoviale
Schéma du genou pour comprendre une douleur genou, avec ménisques, ligaments, cartilage et synoviale

Les ménisques, au nombre de deux par genou, absorbent les chocs et participent à la stabilité. Les ligaments, dont deux ligaments latéraux et deux ligaments croisés, contrôlent les mouvements excessifs. La capsule articulaire contient la membrane synoviale et le liquide synovial, qui facilitent le glissement. Les bourses synoviales, les tendons, les muscles et le cartilage peuvent aussi être impliqués.

Cette diversité explique pourquoi deux douleurs situées au même endroit ne signifient pas toujours la même chose. Une douleur devant le genou en descendant les escaliers, une douleur interne après une torsion et une douleur diffuse avec gonflement ne racontent pas la même histoire.

7 causes fréquentes à envisager selon le contexte

Les causes les plus fréquentes vont de la simple surcharge à une lésion plus précise. Le bon repère est le contexte : effort répété, chute, torsion, genou gonflé, douleur la nuit ou chaleur locale.

Arthrose, traumatisme et surcharge mécanique

La gonarthrose correspond à l’arthrose du genou. Elle provoque souvent une douleur mécanique : elle augmente avec la marche, les escaliers ou la station debout prolongée, puis s’apaise au repos. Une raideur peut apparaître, surtout après une période d’immobilité.

Un traumatisme, comme une chute, un choc ou une torsion, peut entraîner une entorse, une lésion ligamentaire ou une atteinte du ménisque. Une douleur immédiate, un craquement, un gonflement rapide ou une sensation que le genou “lâche” doivent être pris au sérieux.

Tendinite, bursite et épanchement de synovie

Les tendinites apparaissent souvent après une répétition de gestes, une reprise sportive trop rapide ou un changement d’appui. La douleur est généralement localisée près d’un tendon et réapparaît à l’effort. Une bursite correspond à l’inflammation d’une bourse synoviale, avec une douleur et un gonflement localisé, parfois sensible au toucher.

L’épanchement de synovie se manifeste par un genou gonflé, tendu, parfois difficile à plier. Il peut accompagner une inflammation, une poussée d’arthrose, un traumatisme ou une autre pathologie articulaire.

Inflammation, goutte ou infection

Certaines douleurs sont liées à une maladie inflammatoire, à une crise de goutte ou, plus rarement, à une infection. Un genou chaud, rouge, très douloureux, associé à de la fièvre ou à une altération de l’état général, nécessite un avis médical rapide. Dans ces situations, il ne faut pas attendre que la douleur se calme d’elle-même.

Douleur la nuit, au repos ou à l’effort : les repères qui orientent

Le moment où la douleur apparaît donne souvent une indication précieuse. Une douleur plutôt diurne, déclenchée par la marche ou les escaliers, évoque davantage une origine mécanique. Une douleur au repos, nocturne ou associée à une raideur prolongée peut faire penser à une composante inflammatoire.

Type de douleur Moment fréquent Ce que cela peut évoquer
Mécanique À l’effort, en fin de journée Arthrose, surcharge, ménisque, tendon
Inflammatoire Au repos, la nuit, parfois entre 4h et 6h du matin Poussée inflammatoire, maladie articulaire, goutte
Traumatique Après chute, torsion ou choc Entorse, ligament, ménisque, fracture possible

La nuit, la douleur peut sembler plus présente parce que le corps est immobile et que les appuis répétés de la journée ne masquent plus le signal douloureux. Observer ce qui la réveille aide à mieux agir : position jambe fléchie ou tendue, contact entre les genoux, chaleur sous la couette, raideur après immobilité, besoin de bouger pour se soulager.

Soulager rapidement sans aggraver

En cas de douleur récente, il faut surtout éviter les gestes qui entretiennent l’irritation. Le but n’est pas de forcer, mais de calmer la zone et de laisser le genou récupérer.

Adapter l’activité et calmer l’irritation

Le premier réflexe est de réduire temporairement ce qui déclenche la douleur : course, escaliers répétés, port de charges, station debout prolongée. Il n’est pas nécessaire d’immobiliser complètement le genou, mais il faut éviter les gestes qui entretiennent l’irritation.

Le froid peut aider lors d’une poussée inflammatoire ou d’un genou gonflé. Appliquez-le 10 à 15 minutes, avec une protection entre la peau et la source froide. La chaleur peut être plus confortable dans certaines douleurs d’arthrose sévère ou de raideur, mais elle est à éviter sur un genou chaud, rouge ou très inflammatoire.

Position, maintien et confort nocturne

Pour dormir, testez une position qui limite les contraintes : sur le dos avec un léger soutien sous le genou, ou sur le côté avec un coussin entre les genoux. Une genouillère compressive peut limiter certains micro-mouvements et apporter une sensation de maintien, notamment lors des déplacements, mais elle ne remplace pas un diagnostic si la douleur persiste.

Les médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être utiles dans certains cas, mais ils doivent être choisis selon votre situation, vos antécédents et les contre-indications. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.

Quand consulter un médecin ou un kinésithérapeute ?

Consultez rapidement si la douleur est sévère, si le genou est très gonflé, chaud ou rouge, si vous ne pouvez plus poser le pied, si la douleur fait suite à un traumatisme important, ou si vous avez de la fièvre. Une sensation d’instabilité, un blocage du genou ou une douleur qui s’aggrave malgré le repos justifient aussi un avis médical.

Une consultation est aussi recommandée lorsque les douleurs se répètent, durent plusieurs jours sans amélioration nette, perturbent le sommeil ou limitent les activités quotidiennes. Le médecin peut orienter le diagnostic et décider si des examens sont nécessaires.

Le kinésithérapeute peut accompagner la récupération lorsque la situation le permet : travail de mobilité, renforcement musculaire, proprioception, correction progressive des appuis et reprise adaptée de l’activité. Renforcer les muscles qui protègent l’articulation aide souvent à diminuer les récidives, notamment autour de la cuisse, de la hanche et du mollet.

La prévention repose sur une progression raisonnable des efforts, un échauffement adapté, des chaussures cohérentes avec l’activité et une attention aux signaux faibles : raideur inhabituelle, douleur qui revient toujours au même geste, gonflement après effort. Plus la prise en charge est précoce et ajustée, plus il est facile de retrouver de la mobilité sans installer la douleur.