Douleur au genou la nuit, dans les escaliers ou avec gonflement : les signes qui orientent
Une douleur au genou peut apparaître après un faux mouvement, une marche plus longue que d’habitude ou sans raison évidente. Au départ, le plus utile n’est pas de poser soi-même un diagnostic, mais de repérer le contexte, l’endroit où la douleur se situe, le moment où elle survient et les signes associés, comme un gonflement, un blocage ou une sensation d’instabilité.
Comprendre ce que le genou essaie de signaler
Le genou est une articulation très sollicitée. Il supporte le poids du corps, absorbe les chocs et coordonne la flexion, l’extension et les rotations. Une gonalgie, terme médical pour désigner une douleur au genou, peut venir du cartilage, des ménisques, des ligaments, des tendons, de la rotule, d’une bourse séreuse ou de la membrane synoviale, qui produit le liquide articulaire.

Douleur mécanique ou inflammatoire : une première distinction utile
Une douleur dite mécanique augmente souvent à l’effort, en marchant, en montant les escaliers ou après une activité inhabituelle. Elle s’améliore généralement avec le repos. À l’inverse, une douleur inflammatoire peut être présente au repos, réveiller la nuit, s’accompagner de chaleur, de raideur matinale ou de gonflement. Cette distinction n’est pas parfaite, mais elle aide à savoir s’il vaut mieux observer quelques jours ou consulter plus vite.
Localisation, moment d’apparition : les indices à croiser
La zone douloureuse donne des pistes, surtout si elle est liée à un geste précis. Une douleur devant le genou évoque souvent la rotule ou le syndrome fémoro-patellaire, fréquent lors des escaliers, des squats ou après une position assise prolongée. Une douleur interne peut faire penser au ménisque, à l’arthrose du compartiment interne ou aux tendons de la patte d’oie. Une douleur externe peut impliquer un ligament latéral, un tendon ou une irritation liée à la course.
| Situation ressentie | Ce que cela peut évoquer | À surveiller |
|---|---|---|
| Douleur en escaliers ou accroupi | Rotule, cartilage de la rotule, syndrome fémoro-patellaire | Craquements douloureux, gêne en position assise |
| Douleur après torsion | Ménisque ou ligament | Blocage, gonflement, instabilité |
| Douleur nocturne ou au repos | Composante inflammatoire possible | Réveil entre 4h et 6h du matin, chaleur, raideur |
| Douleur progressive après 55 ans ou plus | Arthrose possible, notamment gonarthrose | Raideur, perte de mobilité, douleur à la marche |
Quand la douleur revient toujours dans les escaliers, après 3–4 heures assis ou uniquement en descente, le contexte se répète. Ce repère simple aide le médecin ou le kinésithérapeute à distinguer une douleur diffuse d’un mécanisme reproductible, souvent plus facile à corriger par adaptation de charge, renforcement ou changement de geste. Noter ces répétitions pendant quelques jours rend aussi l’échange médical plus précis.
Les causes fréquentes, sans raccourci de diagnostic
Arthrose, ménisque, ligaments : des tableaux différents
L’arthrose du genou correspond à une atteinte progressive du cartilage. Elle donne souvent une douleur mécanique, une raideur et parfois des poussées inflammatoires. Une lésion méniscale peut provoquer une douleur localisée, parfois un accrochage ou un blocage, surtout après torsion. Une entorse ligamentaire survient plutôt après un traumatisme, avec sensation de dérobement, gonflement et difficulté à reprendre appui.
Tendinite, bursite, douleur rotulienne : les douleurs de surcharge
Une tendinite apparaît souvent après une augmentation trop rapide de l’activité, par exemple une reprise de course, une randonnée ou des sauts. La bursite correspond à l’inflammation d’une petite poche de glissement, avec une douleur parfois superficielle et localisée. Le syndrome rotulien, lui, est fréquent chez les personnes qui montent beaucoup d’escaliers, restent longtemps assises ou pratiquent des exercices qui sollicitent fortement l’avant du genou.
Que faire les premiers jours pour soulager sans aggraver
En l’absence de signe d’alerte, le bon réflexe est le repos relatif. Il s’agit d’éviter ce qui déclenche franchement la douleur, sans immobiliser totalement le genou. La marche douce, si elle reste supportable, entretient la mobilité. Le froid peut aider en cas de douleur récente, de gonflement ou de sensation de chaleur : appliquez de la glace enveloppée dans un linge pendant 10 à 15 minutes, jusqu’à 3 à 4 fois par jour.
- Évitez les squats profonds, les descentes répétées et les impacts tant que la douleur est vive.
- Une genouillère souple peut rassurer, à condition qu’elle soit à la bonne taille et non serrée.
- Le vélo d’appartement sans résistance ou la piscine en petit bassin peuvent aider à bouger sans surcharge.
- Les antalgiques comme le paracétamol ou certains anti-inflammatoires, par exemple ibuprofène ou kétoprofène sur prescription, doivent respecter les contre-indications et l’avis d’un professionnel de santé.
Les exercices d’autorééducation doivent rester indolores ou très peu douloureux. Il peut s’agir d’une contraction douce du quadriceps jambe tendue, d’une mobilisation lente en flexion-extension ou d’un travail progressif des hanches et des fessiers. Si la douleur augmente nettement après l’exercice ou dure jusqu’au lendemain, la charge est trop élevée.
Quand consulter et vers qui s’orienter
Consultez rapidement si le genou est très gonflé, chaud, rouge, impossible à poser au sol, s’il se bloque, se dérobe, ou si la douleur fait suite à un choc important. Une douleur nocturne persistante, une fièvre, une boiterie marquée ou une aggravation malgré quelques jours de gestes simples justifient aussi une consultation médicale.
Le médecin traitant peut examiner le genou, rechercher une cause mécanique, inflammatoire ou traumatique, puis demander si besoin une radio, une échographie ou une IRM. Le kinésithérapeute intervient souvent pour restaurer la mobilité, renforcer les muscles, corriger les déséquilibres et prévenir les récidives. Selon la situation, un rhumatologue, un médecin du sport ou un chirurgien orthopédiste peut être sollicité. Les infiltrations de corticoïdes ou la visco-supplémentation à l’acide hyaluronique, parfois réalisées en une, deux ou trois injections espacées d’une semaine, se discutent au cas par cas après avis médical.
Si la douleur dure plus de 6–8 semaines, revient régulièrement ou limite les activités quotidiennes, il ne faut pas la banaliser. Une prise en charge précoce évite souvent que la peur de bouger, la raideur et la perte musculaire entretiennent le problème.







