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Lésion du ménisque : comprendre la douleur, confirmer l’IRM et reprendre le sport sans précipitation

Genou et hanche Par Thibaut Gervais Mis à jour le 6 septembre 2026 6 min de lecture
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Une douleur sur le côté du genou après une torsion, un blocage soudain ou une gêne qui s’installe à la marche peut faire penser à une lésion du ménisque. Cette atteinte est fréquente, mais elle n’impose pas forcément une opération. L’essentiel est de comprendre le type de lésion, son retentissement et le bon moment pour consulter.

Comprendre le rôle du ménisque avant d’interpréter la douleur

Chaque genou possède 2 ménisques, un ménisque interne et un ménisque externe. Ces structures en tissu fibro-cartilagineux se trouvent entre le fémur et le tibia. Elles servent à amortir les appuis, à stabiliser le genou et à mieux répartir les contraintes pendant la marche, les escaliers, la course ou les changements d’appui.

Schéma de la lésion du ménisque dans le genou, avec ménisque interne et externe
Schéma de la lésion du ménisque dans le genou, avec ménisque interne et externe

Une lésion du ménisque peut prendre plusieurs formes : fissure, déchirure, lésion stable, fragment instable ou lésion en anse de seau, avec parfois un vrai blocage. Le ménisque interne est plus souvent touché que le ménisque externe, car il bouge moins.

Il faut aussi distinguer deux situations. Chez une personne jeune ou sportive, la lésion survient souvent après un traumatisme en torsion, parfois avec le pied bloqué au sol. Entre 40 et 60 ans, elle peut apparaître progressivement sur un ménisque fragilisé par l’usure ou s’associer à un début d’arthrose. Les hommes présentent environ 2 fois plus de blessures méniscales que les femmes.

Les signes qui orientent vers une atteinte méniscale

Douleur, gonflement et gêne mécanique

Le symptôme le plus fréquent est une douleur localisée sur l’interligne articulaire, c’est-à-dire sur le bord interne ou externe du genou. Elle peut être vive lors d’une flexion, d’une extension complète, d’un pivot ou d’un relèvement brutal depuis une position accroupie.

Un gonflement peut apparaître, lié à un épanchement intra-articulaire. Certains décrivent une raideur, une sensation d’accrochage, un pseudoblocage ou une instabilité. La gêne se manifeste souvent dans les escaliers, à la marche prolongée ou lors de la reprise du sport.

Quand consulter sans attendre ?

Une consultation est recommandée si le genou reste gonflé, si la douleur empêche l’appui, si le genou se bloque réellement ou si la gêne persiste malgré le repos. Un blocage en flexion ou en extension peut évoquer un fragment méniscal déplacé. Dans ce cas, forcer peut entretenir l’irritation articulaire.

Traumatique ou dégénérative : deux profils à ne pas confondre

Le traitement dépend beaucoup du mécanisme. Une lésion traumatique récente ne se comprend pas comme une lésion dégénérative installée depuis des mois. Le tableau ci-dessous résume les grandes différences et aide à situer la situation.

Profil Mécanisme fréquent Signes habituels Orientation de prise en charge
Lésion traumatique Torsion, pivot, sport, faux mouvement Douleur nette, gonflement, blocage possible Examen clinique, IRM, décision selon la stabilité de la lésion
Lésion dégénérative Usure, microtraumatismes, arthrose débutante Douleur progressive, raideur, gêne à l’effort Traitement médical et rééducation souvent privilégiés au départ

Des facteurs mécaniques peuvent augmenter les contraintes sur le genou, comme un genu varum ou un genu valgum. Les sports avec pivots, les flexions répétées, les positions accroupies prolongées et certains métiers physiques augmentent aussi le risque de douleur méniscale.

Dans la pratique, le médecin s’appuie aussi sur la façon dont la douleur apparaît. Un genou douloureux après un pivot ne raconte pas la même histoire qu’une gêne progressive qui revient à chaque effort. Cette chronologie aide à distinguer un épisode traumatique d’un problème lié à l’usure.

Diagnostic : de l’examen clinique à l’IRM

Ce que recherche le médecin

Le diagnostic commence par l’interrogatoire : circonstances d’apparition, sport pratiqué, ancienneté, présence d’un gonflement ou d’un blocage. L’examen clinique du genou évalue l’appui, la mobilité, la stabilité ligamentaire et la douleur à la palpation de l’interligne articulaire.

Certains tests orientent vers une lésion méniscale. La palpation en flexion à 90°, la manœuvre de Mac Murray, la manœuvre d’Apley ou le test de Genety peuvent reproduire la douleur ou l’accrochage. Ces tests ne suffisent pas toujours à eux seuls, mais ils guident la suite du bilan.

Radiographie, IRM et examens complémentaires

La radiographie du genou ne montre pas directement le ménisque, mais elle peut rechercher une arthrose, un trouble d’axe ou une autre cause de douleur. L’IRM est l’examen de référence pour confirmer une lésion méniscale, préciser sa localisation, son étendue et rechercher des lésions associées.

Dans certains cas particuliers, une arthro-IRM ou un arthroscanner peut être proposé, notamment si l’interprétation est complexe ou après une chirurgie antérieure. L’objectif n’est pas seulement de voir une fissure, mais de déterminer si elle explique vraiment les symptômes.

Traitements, rééducation et reprise des activités

Le traitement conservateur en première intention dans de nombreux cas

Lorsque la lésion est stable, peu bloquante ou dégénérative, le traitement peut associer repos relatif, adaptation des activités, traitement médical antalgique, parfois infiltrations de corticoïdes, et rééducation kinésithérapique. Le but est de réduire la douleur, restaurer l’amplitude et renforcer les muscles qui protègent le genou.

Il est généralement préférable d’éviter les pivots, les flexions profondes et la reprise sportive trop rapide tant que le genou reste gonflé ou douloureux. La marche reste parfois possible, mais elle doit s’adapter aux symptômes. Reprendre trop tôt peut prolonger l’irritation et retarder la récupération.

Quand la chirurgie est envisagée

Une chirurgie peut être discutée en cas de blocage, de fragment instable, d’échec du traitement médical ou de lésion traumatique réparable. Elle se fait souvent par arthroscopie. Deux gestes sont possibles : la suture méniscale, qui cherche à réparer le ménisque, ou la méniscectomie partielle, qui retire uniquement la partie abîmée.

La suture est privilégiée quand elle est possible, car les ménisques protègent le cartilage. Leur cicatrisation reste parfois difficile, car ils sont faiblement vascularisés. Le choix dépend de l’âge, de la zone lésée, du type de déchirure, du niveau d’activité et de l’état du cartilage.

Délais de récupération et prévention des récidives

Après une prise en charge simple, une amélioration peut survenir en 10 à 70 jours selon la douleur et l’activité. Après une méniscectomie partielle, la reprise des activités quotidiennes se fait souvent sur quelques semaines, fréquemment autour de 4 à 6 semaines. Après une suture méniscale, la récupération est plus longue et peut atteindre environ 4 mois avant une reprise sportive plus exigeante.

La prévention repose sur un renforcement progressif des quadriceps, des ischio-jambiers et des muscles de hanche, un échauffement sérieux, une technique de pivot maîtrisée et une reprise graduelle. Un genou qui regonfle après l’effort envoie un signal clair : il faut réduire la charge et demander un avis médical plutôt que forcer.